CR – UTCAM 130 km

Levens – Saint-Martin-Vésubie

L’UTCAM, 12 jours après L’Échappée Belle :  un pari osé 

Cette année, l’objectif principal était l’échappée belle. Le tirage au sort, me plaçant 152ème sur liste d’attente m’avait éloigné de toute pensée de traverser ce beau massif cette année. J’avais entendu parler de l’UTCAM, une belle course sauvage dans l’arrière pays niçois.  Je décide alors de prendre cette option comme objectif de l’année ! Mais c’était sans compter sur les retournements de situation liés à cette crise sanitaire ! Mi-juillet je reçois un mail me disant qu’une place s’est libérée et que je peux participer à l’Echappée Belle.  Après une courte réflexion, je me dis que je ne peux pas refuser cette belle proposition (alors que les dossards sont si durs a obtenir cette année) je vais tenter de finir les deux courses.
Sans réelle course de préparation, je suis un peu dans le flou mais le défi me plaît !!

Voici donc le récit de cette aventure 12 jours après être venu à bout des chemins techniques de Belledonne (le résumé arrive bientôt) avec encore une petite perte de sensibilité sur le gros orteil, mais pas d’autre signes qui me disent que ce n’est pas sérieux de prendre le départ. 

3 Septembre 2020

Direction le Grand pré de levens Départ de l’UTCAM

Après un pit stop à Nice (pour se poser un peu et essayer de récupérer un peu de sommeil qui manque encore depuis l’échappée belle j+11), direction Levens dans l’arrière pays niçois ! J’emprunte une jolie route sinueuse pour monter jusqu’à ce joli petit village méditerranéen !! Arrivée à 17h pour le retrait des dossards. Une première traversée de pré pour rien car il fallait prendre le sac pour la vérification de tout le matériel obligatoire ( beaucoup trop conséquent a mon goût !).

Dossard récupéré, je finis de manger mon riz et mon poulet pour avoir bien digéré à 22h. Vivement que la course soit finie pour pouvoir réintégrer les fibres !!! Les légumes me manquent !!

Je finis de faire les sacs d’allègements avant d’aller les poser. Un pour le 60ème kilomètre , et un pour l’arrivée ! Dans le premier, je mets :

  • une paire de chaussures,
  • une paire de chaussettes
  • quelques gourdes de purées de légumes.
  • des affaires sèches

Dans le deuxième, des vêtements chauds pour l’arrivée.

Les sacs sont déposés, le rituel de chaque début de course peut commencer : massage des pieds à la NOK, puis une bonne couche de vaseline sur les talons et le gros orteil, le short toujours avec la Vaseline, le tape pour protéger les tétons ! Grosse hésitation sur le T-shirt manches courtes ou manches longues ! je garde les manches courtes pour le moment.

Puis je me pose dans l’herbe avec quelques couches car la fraîcheur commence à se faire ressentir !! À côté, ça papote sur la préparation, combien de temps ils vont faire, chacun donne ses petits trucs à l’autre, beaucoup se reposent sur des matelas par terre ou dans leurs vans aménagés. Le calme avant la tempête ! Tout le monde essaie de se reposer un maximum avant de passer la nuit dehors, voire deux nuits pour certains.

21h30

Le réveil sonne, je mets la frontale, le sac d’hydratation et me dirige vers le départ. Il y a pas mal de monde, il fait frais. Finalement j’ai finalement opté pour les manches longues. On approche du SAS de départ où on nous fait rentrer 6 par 6 pour nous prendre la température puis me voilà quasiment sous l’arche de départ, toujours masqué ! je commence à prendre l’habitude, ce n’est pas très agréable mais tant que l’on est pas essoufflé il est plutôt facile à supporter.

Un petit mot de Xavier Thevenard et le départ est lancé ! C’est assez fluide du coup on enlève rapidement le masque, je suis dans la roue de Camille BRUYAS, que je laisse partir car je sens que les jambes ne sont pas aussi fraîches que pour le départ de l’échappée belle ! Après un petit tour de stade, nous attaquons la première grimpette vers le Mont Ferrion 7km, 800D+, je passe au point en 19ème position.

Première descente, bien raide et technique, pleine de cailloux, mais après Belledonne ça semble pourtant simple ! Je fais attention à ne pas descendre trop vite pour préserver les cuisses ! Puis ça s’adoucit un peu en suivant une route forestière où pas mal de fous furieux me dépassent. Mais ma petite expérience sur ces longueurs me dit de bien les laisser passer. Lors de la montée suivante, je croise Clément Guibert(team Lepape Lyon) avec qui je papote un peu.

Col de Lobe : 15km 1200D+ 23eme.

Arrivé au col, un petit ravito pour recharger en eau, changement de tee shirt, je passe en mode manches courtes, il fait vraiment trop chaud. S’ensuit une grande descente plutôt roulante mais avec quelques pièges dont mes orteils se souviennent ! 😳 Les jambes sont déjà bien lourdes je me dit que ça va être long…..merci l’échappée belle !!

Pour remonter à Utelle et le prochain ravito, ça remonte tranquillement, du coup il faut relancer et c’est là que je vois que je n’ai vraiment pas les jambes, mal aux cuisses, ça remonte derrière. A ce moment je me dit qu’il vraiment falloir gérer pour tenir jusqu’au bout !!!! La montée jusqu’au ravito est difficile, j’ai mal au ventre, je prie pour qu’il y ai du Coca au ravito !

Sauvé, il y en a! Du coup je décide d’attaquer le cocktail magique Coca-Saint Yorre dans la flasque ! Je me pose un peu et je repars après avoir un peu mangé.

Je profite que mon téléphone capte encore un peu pour transmettre quelques mots à ma chérie. Dans les moments de mou, se reconnecter à sa famille fait toujours du bien !! Après avoir passer une petite brèche nous redescendons puis passons pas mal de temps dans les sapins, j’avance doucement mais sûrement quand soudain devant moi, j’entends une voix féminine qui rigole tout le temps. Je regarde, habillée tout en ASICS, ce doit être Sylvaine Cussot ! C’est bien elle. Je passe devant et me conforte en me disant que je ne traînais pas tant que ça. Juste après viens la descente qui nous amène au gros ravitaillement du kilomètre 60. Je commence la descente en me disant que Sissi va vite me passer devant. Et puis non, elle doublera au ravito pendant que je change de batterie de frontale !

Puis je la rattrape sur une descente roulante, elle me donne quelque conseils, “c’est important de se préserver dans ce genre de descente”. Alors j’écoute sagement et nous descendons ensemble jusqu’à la base vie de Roquebillière en profitant du lever de soleil !

Le masque

On reprend les habitudes des derniers ravitaillements. Après un petit rappel à l’ordre, on met le masque (au ravito d’avant on nous avait permis de ne pas le mettre du coup on était tout content d’arriver sans) mais là on s’est fait remonter les bretelles en nous menaçant de nous disqualifier… En arrivant au ravitaillement c’est toujours dur de mettre le masque quand on est essoufflé et qu’il fait chaud  ! Le ravitaillement est dans un gymnase, je récupère mon sac d’allègement, crème les pieds pendant que la soupe de vermicelles aux légumes chauffe ! Finalement juste un changement de chaussettes, je recharge en compotes et purées de légumes, puis c’est reparti.  C’est relativement roulant jusqu’au prochain ravitaillement avec des petits coups de culs mais pas de grosses ascensions.

Au ravitaillement suivant je prends le temps de manger un bon sandwich car il reste 18km et 1800 D + avant le relais des merveilles, le prochain arrêt. Et le soleil commence à bien réchauffer l’atmosphère ! La prochaine montée est longue…elle commence par une longue portion de route qui te fait hésiter à relancer. Puis finalement la vrai grimpette commence avec un passage à découvert où la chaleur commence à m’embêter sérieusement. Finalement ceux qui sont derrière ne me rattrapent pas. Je décide de m’allonger 5 min à l’ombre pour profiter un peu de l’air frais. Puis c’est reparti pour de la descente essentiellement jusqu’au relais des merveilles.

Au top de la mode vestimentaire pour éviter le coup de chaud comme à l’échappée belle !! Tshirt toujours trempé à la moindre source croisée !

Apéro !

J’en profites pour prendre l’apéro : Chips à volonté 😂 un bon sandwich et j’essaie de repartir. Je me suis posé avec Nicolas, un concurrent avec lequel on se croise sans arrêt depuis le début avec qui on a bien papoté.

Plein de gras et de sucres lents au relais des merveilles

Une légère descente le long de la route nous amène au pied de la prochaine montée, direction le sommet de La Valette de PralsLa montée est beaucoup plus raide que les précédentes et fait quasiment 1000D+. Cette ascension sera ponctuée par un arrêt à chaque source, Riviere pour me tremper littéralement afin de ne pas me faire la avoir par la chaleur comme il y a 15 jours.

Lors de cette ascension je double la 4ème feminine. Avec qui nous finirons finalement les derniers kilomètres.

La vue au sommet de La Valette de Paris vaut le détour 🤩. Le Mercantour est imposant et son côté sauvage me fait penser à Belledonne. Un petit pincement au cœur de ne pas avoir pu y faire un tour dans cette partie plus sauvage.

La Valette de Prals

 

La descente est plutôt roulante jusqu’à la Baisse de Ferisson puis, devient technique avec beaucoup de cailloux. On perds du coup pas mal de temps (mais moins que la bifurcation à gauche que j’ai loupée 🤪).

Vue sur le Mercantour depuis la Cime du Pisset

Encore un ravito au bout de la descente pour reprendre des forces pour l‘avant-dernière bosse. J’essaie de ne pas traîner au ravito. La bosse commence par la traversée d’un lit de rivière, un peu plus technique, puis continue assez raide, la vue en haut vaut le coup ! Allez! Encore une grosse descente puis une dernière montée. J’arrive au ravito toujours accompagné de la 4ème féminine et de son homme qui lui fait son assistance. Nous repartirons ensemble pour la dernière ascension. Encore un morceau de route en montée, puis un sentier en pente douce qui longe un joli ruisseau. On essaie de ne pas traîner pour essayer d’avoir le coucher de soleil au sommet !! Malheureusement nous ne l’aurons qu’au col et devront sortir la frontale ! Mais au sommet les montagnes noires se découpant dans la lueur orangée des derniers rayons offre un spectacle magnifique 🤩.

Couché de soleil au col avant d’attaquer la montée au Mont Archas

La montée au mont Archas, droit dans le pentu

Plus que 2000m de descente sur 10 km d’après le profil et dans 5 km le prochain ravito ! On se dit que ça devrait le faire si la descente est roulante. Mais l’organisation a trouvé que c’était plus simple de descendre tout droit hors sentier 😅 du coup à travers l’herbe haute qui fait une drôle d’impression comme une image en mauvaise 3D avec la frontale et tous les cailloux qui sont cachés par l’herbe, la descente se fait moins vite que prévue et la fraîcheur commence à se faire sentir. Le buff autour du cou suffira ! Surtout qu’au bout de 8km. Toujours pas de ravitaillement !!! Les 5 km qui nous séparaient du ravitaillement ce sont transformés en 10km. Coup dur au moral car aussi proche de la fin tout effort pour continuer de courir au lieu de marcher devient dur et le moral en prends un petit coup.

 

Enfin on y arrive !!! Remplissage express dans cette petite station de ski où nous profitons d’une dernière piste verte roulante avant de nous engager dans des petits singles techniques assez raides. Sur le profil, nous n’avions pas vu cette petite bosse bien casse-pattes au milieu de cette longue descente . Puis enfin nous voyons le village de Saint-Martin-Vésubie !! Juste dans la dernière montée, je vois deux traileurs, et je termine en sprintant comme si je n’avais pas couru avant pour essayer de leur passer devant !

25Het 23min plus tard 🎉

Je franchis enfin ce portique d’arrivée ! Un peu fatigué mais content d’être arrivé au bout à peine 12jours après l’Échappée Belle sans aucun bobo ! L’expérience commence à faire ses preuves  et l’entraînement à payer !!

Bon allez, direction les douches, une seule douche fonctionne😩, j’ai quand même les jambes bien raide je range les affaires, mon sac Salomon Slab 8 SET est troué dans le dos 😓. Une fois la bonne douche prise direction le ravito et là, tout est parfait, une bonne bière blanche à la pression, de la pizza, un plateau de fromage, et un dégustation de pâtes faites par un italien !

Il est 1h30.

Il est temps d’aller dormir pour rejoindre la navette de demain! 5h de sommeil plus tard, il faut se lever pour la navette. Elle est en même temps que je départ du 40km. Dommage je ne verrais pas Xavier Thevenard partir !

9h30 !

De retour sur le grand pré de Levens qui s’est complètement vidé. Je récupère ma voiture, des images pleins la tête et bien content d’aller retrouver ma petite famille !! Maintenant place à un peu de repos avant de attaquer l’entraînement pour la prochaine aventure !

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